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Nombreux sont les Juifs qui sont indifférents envers le judaïsme et la communauté pendant le reste de l'année, mais qui manifestent leur sentiment d'appartenance en se rendant à la synagogue pour les fêtes de Rosh Hashana et de Yom Hakipourim.




ROSH HASHANA

Rosh Hashana (littéralement "la tête de l'année), l'une des grandes solennités du calendrier juif, est également appelé Yom Terouah ("Jour de la sonnerie du shofar"); Yom Hazikaron ("Jour du souvenir"); Zikhron Terouah ("Souvenir de la sonnerie du shofar"), et enfin Yom Hadîn ("Jour du Jugement").

Rosh Hashana est célébrée au début du septième mois hébraïque (Tishri), durant deux jours consécutifs. Alors que Nissan est dans la Bible le premier mois de l'année c'est le mois de Tishri qui est considéré comme marquant le début de l'année civile, car c'est par ce mois-là que débute l'année du jubilé au cours de laquelle les esclaves étaient libérés, et où toutes les propriété sétaient restituées à leurs détenteurs précédents.

ORIGINE DE ROSH HASHANA

Rosh Hashana est évoqué dans la Bible en ces termes : "...au septième mois, le premier jour du mois, aura lieu pour vous un repos solennel : commémoration par une fanfare, convocation sainte..." (Lévitique 23:24).

Rosh Hashana revêt un caractère d'universalité puisque cette fête commémore la création du monde, qui s'est faite pour l'humanité tout entière.

La conception du Nouvel An en tant que YOM HADIN (Jour du Jugement) est d'origine rabbinique. Elle considère qu'en ce jour toute l'humanité est jugée par son Créateur, et que le sort de chaque individu est inscrit dans le Livre de la Vie.

Selon la tradition, plusieurs grands événements ont eu lieu à Rosh Hashana :

OBSERVANCE DE ROSH HASHANA

Tout au long du mois d'Eloul (qui précède Rosh Hashana), les Juifs s'affairent aux préparatifs des fêtes. Les sepharades disent les Selihoth (prières de pénitence) tous les matins pendant ce mois, tandis que les ashkenazes commencent à les dire une semaine environ avant la fête. On souffle le shofar aux offices du matin, les jours de semaine, afin d'amener les fidèles à se recueillir.

On envoie des cartes de voeux de Nouvel An aux parents et aux amis. Les fidèles ont également l'habitude d'échanger leurs voeux à la veille du Nouvel An, à la fin de l'office, en employant l'expression hébraïque leshana tova tikatevou vetehatemou (litt. : "soyez inscrits et confirmés pour une bonne année").

Le repas de fête qui suit l'office du soir est inauguré par la récitation du Kidoush (prière de sanctification) et l'allumage de bougies. Chacun trempe un morceau de pomme dans le miel en disant : "Puisse Dieu nous accorder une année bonne et douce". Le pain est lui aussi trempé dans le miel, symbolisant ainsi l'espoir que l'année à venir soit douce comme ce pain. Le second soir, on goûte un fruit qui n'a pas encore été consommé durant l'année, et l'on récite la bénédiction appropriée. Dans certaines communautés sepharades, on apporte sur la table toute une série d'aliments sur lesquels on prononce des bénédictions, de façon à composer un véritable Seder, semblable à celui de Pessah.

A Rosh Hashana, la plupart des Juifs se rendent à la synagogue, et prient pour la vie et le bonheur des individus, et pour la paix de toute l'humanité. La prière Ounetané Tokef ("Nous célébrerons la sainteté de ce jour") est l'une des plus importantes de la liturgie de cette fête : elle décrit le Jour du Jugement et se termine ainsi : "mais le repentir, la prière et la charité détournent le funeste décret". Les prières Malkioth, Zihronoth et Shofroth concernent l'acceptation du royaume de Dieu (Malkhouth), l'imploration de la miséricorde divine, en rappelant (Zihronoth) les mérites de nos ancêtres, et l'espoir que la vie et la paix adviendront dans le monde entier, comme le proclame la sonnerie du shofar (Shofroth).

Ces sonneries du shofar, qui visent à provoquer le repentir des fidèles, ont lieu avant, pendant et après le service additionnel (Moussaf), sauf quand Rosh Hashana tombe un Shabath. Le shofar, fait d'une corne de bélier, se fait entendre une centaine de fois, par quatre sortes de sonneries :

L'après-midi du premier jour de Rosh Hashana, les Juifs se rendent au bord des rivières pour y réciter des versets des prophètes et les prières appropriées. Cette cérémonie symbolise le fait de lancer (tashlih) nos péchés dans les profondeurs des eaux.




LES JOURS DE REPENTIR

Rosh Hashana ouvre les dix "Jours de Repentir" (Assereth Yemei Teshouva) ou "Jours redoutables" (Yamim noraim). On continue à dire les Selihoth tous les matins. Le Shabath qui tombe durant ces dix jours est appelé "Shabath du repentir" (Shabath shouva); pendant l'office du matin on y lit la section des Prophètes (Haftara), dans le Livre d'Osée qui commence par le mot shouva (Osée ch.14). ("retour"), dans laquelle Israël est exhorté à revenir vers Dieu.

Ces dix jours qui séparent Rosh Hashana de Yom Hakipourim constituent une période de retour sur soi, un examen de conscience qui nous amène à reconsidérer notre façon de vivre. Une occasion nous est offerte d'envisager des changements constructifs dans notre vie quotidienne. Considérant la fin de l'année écoulée et de début d'une année nouvelle, nous prenons conscience de la nature fluctuante et éphémère de l'existence, et nous commençons a réaliser que nous dépendons de la Miséricorde divine.




YOM HAKIPOURIM

Les jours de repentir atteignent leur point culminant à Yom Hakipourim (Jour de l'Expiation), au dixième jour du mois de Tishri. C'est le jour le plus saint de l'année juive, appelé Shabath Shabathon ("le Shabath des Shabath").

ORIGINE DE CETTE CELEBRATION

"Et ceci sera pour vous une loi perpétuelle : au septième mois, le dixième jour du mois, vous mortifierez vos personnes et ne ferez aucun ouvrage... Car en ce jour, on fera propiation sur vous afin de vous purifier ; vous serez purs de tous vos péchés devant l'Eternel. C'est pour vous un sabbat, un sabbat solennel..." (Lévitique 16 : 29-31). "Vous mortifierez vos personnes" est interprété comme une injonction de s'abstenir de toute nourriture et de toute boisson en ce Jour d'expiation.

OBSERVANCE DE YOM HAKIPOURIM

La veille de Yom Hakipourim, considérée comme une demi-fête, soulève des sentiments mêlés de joie et de solennité. Ce jour est marqué par des dons généreux. L'argent, donné au cours des cérémonies de kaparoth, qui évoquent l'offrande de sacrifices, est distribué à des causes charitables. On demande pardon à ceux qui ont été offensés ou blessés, et la paix est faite entre les parties en litige. A la fin du dernier repas précédant la fête, le père bénit ses enfants. Une bougie commémorative, qui brûlera durant vingt-quatre heures est allumée en souvenir des disparus.

A la synagogue, les fidèles sont vêtus de blanc, symbole de pureté. La prière Kol nidrei ("tous les voeux") est chantée avant le service du soir de Yom Hakipourim. Il s'agit d'une abrogation solennelle de tous les voeux prononces pendant l'année écoulée, qui vise à délier les fidèles d'engagements qui auraient pu rester inaccomplis par négligence ou par oubli. Ce pouvoir de délier ne se réfère qu'aux voeux individuels, qui procèdent de la relation entre l'homme et Dieu. Aucun engagement ou promesse qui engagerait une tierce personne, une communauté ou une Cour de justice ne peut être délié par cette prière du Kol nidrei.

L'imploration du pardon des péchés constitue la majeure partie du rituel de Yom Hakipourim. Dans le Vidouï ("Confession") les péchés énumérés peuvent ne pas avoir été commis par un individu spécifique, mais l'imploration du pardon est faite au nom de tout Israël. Une personne ne peut être pardonnée en ce jour pour des péchés commis à l'encontre d'autrui, si elle n'a pas reconnu pas ses torts et n'a pas fait pas amende honorable auprès de l'individu en question avant la fête.

Des offices commémoratifs ont lieu en souvenir des parents et des proches disparus. La priere de Neïla, qui constitue la fin de l'office, est empreinte d'une solennité toute particulière. L'Arche d'Alliance demeure ouverte durant tout cet office, qui se clôt par la sonnerie du shofar.

La leçon la plus significative de cette fête est celle de la sincérité. Dieu ne désire pas simplement des marques extérieures de dévotion. Une lecture mécanique des prières, et un repentir qui n'amènerait pas de changement pour l'individu, sont autant de reniements du sens véritable de Yom Hakipourim. Le jeûne est insuffisant en lui- même s'il n'est accompagné d'un repentir sincère. prophète (Isaïe 58 : 6-7) décrit la célébration qui est agréable au Seigneur : "Mais voici le jeûne que j'aime : c'est de rompre les chaînes de l'injustice, de dénouer les liens de tous les jougs, de renvoyer libres ceux qu'on opprimés, de briser enfin toute servitude; puis encore de partager ton pain avec l'affamé, de recueillir dans ta maison les malheureux sans asile".




YOM HAKIPOURIM - LE RACHAT DES PECHES

par Dvora Waysman

La fête de Yom Hakipourim est célébrée au dixième jour du mois de Tishri, au moment où le sort de chaque individu est, allégoriquement parlant, "scellé" pour l'année à venir dans le "Livre de la vie".

Yom Hakipourim - le Jour de l'Expiation - est la seule fête juive, avec Rosh Hashana, qui ne soit pas liée a un quelconque concept historique ou agricole. La plupart des fêtes juives possèdent une signification nationale, à laquelle même les Juifs non-religieux peuvent s'attacher. Yom Hakipourim ne concerne que la relation de l'homme à Dieu et à autrui, et le pardon qui doit être implore de Dieu. Durant les jours qui précèdent le Jour de l'expiation, on doit demander pardon à ceux que l'on a pu offenser au cours de l'année.

NATURE DU PECHE

Il existe en hébreu quelque vingt mots différents signifiant "le péché", chargé chacun d'une connotation différente. Le terme rabbinique traditionnel est avera, de la racine avar ("outrepasser, transgresser"), et il est interprété comme un rejet de la volonté divine. Les Juifs pensent que le péché est provoqué par un penchant diabolique (yetzer hara), qui cherche à satisfaire les instincts à tout prix. Dieu a dit (Kidoushîn 30 b.) : "Mes enfants ! J'ai créé le penchant diabolique, mais j'ai créé son antidote, la Torah. Si vous vous consacrez à la Torah, vous ne tomberez pas entre ses mains". Rabbi Ishmaël nous enseigne : "Mon fils, si l'odieux misérable (le yetzer hara) t'attaque, mène-le à la maison d'études : s'il est de pierre, il se dissoudra; s'il est de fer, il volera en éclats" (Kidoushîn 30)

La liberté de choix constitue une doctrine juive fondamentale depuis le premier récit de la Genèse, lorsqu'Adam et Eve eurent la possibilité de rejeter ou d'accepter le commandement divin. Maïmonide, le grand érudit du Moyen-âge, écrit : "Chaque homme porte en lui la potentialité de devenir aussi juste que Moïse notre maître, ou aussi méchant que Jéroboam; sage ou stupide; gentil ou cruel; avare ou généreux"... (Yad, Teshuva 5). Voilà qui vient contredire l'expression yiddish populaire selon laquelle les choses sont beshert ("prédestinées"). Le judaïsme nous enseigne que nous pouvons choisir et nous diriger vers la rectitude ou vers le péché et vers leurs conséquences respectives.

JEÛNE ET PRIERE

Cependant, durant ces jours de fête, nous récitons une priere qui semble contredire cette liberté de choix :
"C'est écrit au Nouvel An et scellé à Yom Hakipourim... qui vivra et qui mourra, qui aura sa pleine ration de jours et qui ne l'aura pas..."
Certains rabbins expliquent qu'il s'agit là d'une méditation plutôt que d'une prière, visant à aider le Juif à se pénétrer de l'importante conclusion :
"Mais le repentir, la prière et la charité détournent le funeste décret"
Même si nos vies ;éritent un châtiment, nous avons toujours la possibilité de nous repentir, fut-ce à notre dernière heure. C'est là un aspect du judaïsme merveilleux et plein d'optimiste.

EN ISRAEL

La solennité de Yom Hakipourim revêt une dimension spéciale en Israël, et en particulier à Jérusalem. Pendant 24 heures, les voitures ne circulent pas dans les rues : le Juif le plus éloigné des pratiques de la religion ne voudrait pas profaner la sainteté de ce jour. Lorsque le crépuscule descend et que le long jour de jeûne et de prières s'achève, la foule emplit les synagogues et des milliers de fidèles cheminent vers le Mur occidental, le lieu le plus saint du judaïsme, pour y entendre l'ultime sonnerie du shofar (la corne de bélier). Lorsque cette sonnerie transperce la nuit, nous songeons en Israël à ces paroles d'Isaïe adressées aux exilés : "En ce jour résonnera la grande trompette ; alors arriveront ceux qui étaient perdus dans le pays d'Achour" (Isaïe 27 : 13).


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