L'acte de donner
L'acte de donner


Source : Section de l'Education juive en CEI
réalisation : Meïr Levinoff et Dvora David-Schwartz

Il est écrit dans le Livre d' Esther (ch. 9, 20-22) :

"Mardochée écrivit ces paroles et envoya des actes aux Juifs de toutes les provinces du roi Assuérus, les plus proches et les plus lointaines, pour accomplir et pour célébrer le quatorzième jour du mois d'Adar et le quinzième jour du même mois, d'année en année, comme des jours où les Juifs se reposent de leurs ennemis, comme un mois où leur tristesse s'est transformée en joie et leur deuil en jour de fête, afin qu'ils en fassent des jours de festin et de joie, qu'ils s'envoient des cadeaux les uns aux autres et fassent des dons aux pauvres".


Deux commandements ayant trait aux relations sociales caractérisent donc Pourim :
l'envoi de cadeaux entre amis (mishloa'h manoth) et les dons aux pauvres (matanoth leevionim). Ces deux commandements ont en commun le resserrement des liens sociaux et le développement de l'amour ; du prochain.



Il existe des différences importantes entre ces deux commandements :



Par contre, on voit clairement ce qui est commun
aux deux commandements !

  • le fait de donner
  • le désir de faire plaisir
  • la volonté de resserrer les liens avec autrui.



Se réjouir soi-même, réjouir son prochain, réjouir les pauvres.
Que faut-il préférer ?

Classez ces trois commandements selon l'importance que vous leur attribuez :

  1. ____________________________________________________________


  2. ____________________________________________________________


  3. ____________________________________________________________



Et voyez, maintenant, dans quelle ordre les classaient les Sages d'Israël :

Il vaut mieux que l'homme multiplie les dons aux pauvres plutôt que de faire de plantureux repas ou d'envoyer de nombreux cadeaux à ses amis. Car il n'existe pas de joie plus grande et plus profonde que celle de réjouir le coeur des pauvres, des orphelins, des veuves et des étrangers. En effet, la joie de ces malheureux est comparable à la She'hina la Présence divine), comme il est dit: "Faire revenir les malheureux à la vie et redonner du coeur aux opprimés". (Maimonide [Rambam] dans les Hilkhoth Meguila, [Règles concernant le Livre d'Esther], ch. 82, halakha 17)


Le commentaire légendaire multiplie les récits sur les hommes de bien, qui avaient l'habitude de faire des dons avec leur argent et qui, grâce à cela, furent sauvés de l'adversité qui s'abattait sur eux : "histoire d'un homme pieux qui donnait régulièrement l'aumône. Un jour il s'embarqua sur un vaisseau ; la tempête renversa le bateau dans la mer. Rabbi Akiba le vit, et se rendit au tribunal pour témoigner du fait que sa femme pouvait se remarier. Mais avant qu'il ne se lève pour témoigner, cet homme surgit et se planta devant lui.
Il lui demanda "n'est-ce pas toi qui t'es noyé dans la mer ? "
- En effet.
- Et qui t'a fait remonter de la mer ?
- C'est la charité que j'ai faite qui m'a fait remonter de la mer.
- Comment le sais-tu ?
- Quand je me suis enfoncé dans les profondeurs de l'eau, j'ai entendu des voix tonitruantes qui s'élevaient des vagues ; elles se disaient l'une à l'autre "courrons et faisons remonter cet homme de la mer, lui qui a fait la charité pendant toute sa vie".
Rabbi Akiba s'écria : "Béni sois-tu Eternel, Dieu d'Israël, qui a choisi les mots de la Torah et les mots des sages, car les mots des sages existent pour l'éternité, comme il est dit (Pr 11:4) : "la charité sauve de la mort" (Avoth deRabbi Nathan 3)


A Pourim nous avons l'occasion d'accomplir la volonté du Saint béni soit-Il :

"Aime ton prochain comme toi-même" (Lévitique 19:18).

"Si ton frère vient à déchoir, si tu vois chanceler ta fortune, soutiens-le, füt-il étranger et nouveau venu, et qu'il vive avec toi" (Lévitique 25:35).

C'est parce que tout être humain doit faire de bonnes actions envers son prochain que même celui qui est pauvre n'est pas dispensé du commandement de la charité. Le pauvre lui-même doit faire preuve de bonté envers autrui, et s'il n'a pas la possibilité d'aider matériellement son prochain, il est tenu de lui accorder une aide spirituelle. "Rabbi Lévi a dit : si tu n'as pas de quoi lui donner l'aumône, dis lui : "mon âme se penche sur toi, car je n'ai rien d'autre à te donner" (Vayikra raba 34).

" Paroles du Saint, Béni soit-Il, à Israël : Mes enfants, que pensez-vous que je vous demande ? Je ne vous demande pas autre chose que de vous aimer les uns les autres, et de faire mutuellement montre de respect ". (Tana de-bei Eliahou Raba, ch. 26)


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